• Donc cela fait environ trois mois que PLUS PERSONNE de nos deux familles respectives ne nous adresse la parole. Il me reste juste la fille d'Ingrid et les deux petits-enfants, les enfants de ma fille cadette, qui m'a bien démoli en paroles de bi-polaire en crise, cet été.
    Ma fille ainée ça fait plus d'un an de silence. ( Sans raison dite, en tous cas pas à moi ).
    Le fils de ma femme lui fait la gueule depuis qu'ils ont monté ce coup où ils m'ont dénigré soudainement à la suite d'un repas d'anniversaire qui m'avait paru se dérouler normalement.
    Du coup nous ne voyons plus non plus la petite fille de ma femme.
    Ma femme voit sa très vieille mère de temps à autre mais celle-ci m'avait rejeté dès le début de notre histoire, sans raison, car j'étais gentil avec elle.
    Nous ne sommes plus donc que deux sur cette planète familiale.

    C'est ainsi.

    " Un effacement " (  177  )


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  • "....Je suis allé à la Poste porter un colis, c'était un colis fait par ma femme.
    Dedans, une très jolie poupée avec des habits pour sa petite fille.
    Un châle qu'elle a tricoté pour sa vieille mère.
    La petite fille et la vieille mère sont à vingt minutes en voiture, car la vieille dame passe quelques jours chez son petit-fils, qui se montre donc plus gentil avec elle qu'avec sa propre mère.
    Il faut dire que sa propre mère m'a épousé et que dans sa famille on recrache un beau jour les pièces rapportées. Ca s'est toujours fait et le jeune homme obéït, maintenant qu'il a pris un coup de vieux, à cette tradition stupide.
    Habituellement ma femme rendait visite à son fils et sa belle-fille, profitant de la venue de sa vieille mère chez eux.
    Mais depuis trois mois ils ont décidé de rompre la relation pour des raisons complètement inconnues.
    Donc ma femme ne porte pas elle-même ses cadeaux, elle les envoie par la Poste.
    Elle ne sait même pas si le colis sera ouvert sur place, si la petite fille aura sa poupée, car là bas c'est omerta silence complets.
    Pas de sentiments, que de la froide cruauté indifférente.
    Je ne suis pas certain que cela sera emporté au Paradis...."
               
    ( Extrait de " Ingrid absente2 ( pathologie d'un parricide )

    " Un effacement "  (  178  )

     


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  • J'ai remarqué quelques petits troubles étranges qui ont l'air de vouloir toucher ma mémoire : ce matin j'ai tenté de me souvenir du prénom de ma fille aînée, et cela m'échappait sans cesse. Puis j'ai eu l'impression que je n'avais eu qu'elle, on aurait dit que j'avais oublié la naissance et l'existence de l'autre.
    Ca m'a fait un frisson et m'a mis très mal à l'aise.
    Je continue à travailler sur mon nouveau CD de chansons ( le premier depuis dix ans ), et je me regarde des films du type " 1001 grammes " et " Pickpocket ", car j'aime le cinéma simple et profond.
    Je ne voudrais pas oublier que j'ai été père et pourtant on dirait que ça se fait à mon insu.
    Qu'est ce qu'il arrive donc à ces souvenirs ?
    Déjà que je ne me les évoque plus et que je les écarte chaque fois qu'ils essaient de survenir à ma conscience. Mais de là à ne plus être maître de cette protection que je me suis faite pour ne pas souffrir de nostalgie ou de chagrin....

    " Un effacement " (  179  )

     


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  • Ce qui me dérange, c'est que le phénomène qui consiste à ce que j'oublie les prénoms de mes filles ( ça me fait tout drôle désormais de dire " mes " filles ), se reproduit de plus en plus souvent.
    Et doucement aussi : parfois j'oublie que j'ai été un père, que j'ai joué ce rôle, ça fait comme un mort qu'on oublie peu à peu au fil des années.
    Un deuil de paternance. Elles font mourir une partie de ma vie qui aurait été importante.
    Elles en font du rien.

    " Un effacement " ( 180  )


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  • Parfois évidemment une vague de tristesse me submerge.
    Alors je pleure un peu silencieusement, sans bruit, puis je me mouche et je passe à autre chose.
    Le chagrin, je ne sais pas à quoi ça peut bien servir...." Un effacement " (  181  )


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  • Le fils de ma femme, pour lui signaler qu'il a remis " quand même " ( sic ) la poupée qu'elle a envoyé à sa petite fille, lui a posté une photo de la petite fille DE DOS." Un effacement " (  182  )


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  •  " Un effacement " ( 183 )


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  • PEUT-ON REGRETTER D'AVOIR EU DES ENFANTS ? Pour ma part, et pour d'excellentes malheureuses raisons, je le regrette amèrement. On me connait pour savoir que c'est avec lucidité et maturité que je suis contraint d'affirmer que je n'aurais jamais du avoir des enfants pendant mon premier mariage. Je sais que la plupart des parents ne regrettent pas, et c'est tant mieux, bien sûr. Mais moi, ancien père responsable, exemplaire et gâteau, JE REGRETTE D'AVOIR EU DES ENFANTS.
    " Un effacement " (  184  )


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  • Bon, je t’ai raconté un peu où j’en suis question activités artistiques. Maintenant je vais te raconter du désagréable qui m’est arrivé, vais essayer de ne pas m’apesantir. Quand j’ai eu mes filles dans les années quatre vingt, j’étais un « papa gâteau « , comme on disait à l’époque, j’ai adoré m’occuper d’elles comme bébés, puis comme petites filles, d’autant plus qu’en maternelle je les ai eues toutes deux en classe et que ce fut pour moi un bonheur. Ensuite j’ai continué à être un papa sentimental et chaleureux. Mais je n’ai pas pensé que la maladie très grave de leur mère ( à cause de laquelle j’ai du divorcer ) les avait atteintes ( une forme aigue de bi-polarité ), et qu’elle faisait son chemin à mon insu, jusqu’à ce que, depuis un an, elles décident ( ou ne décident pas ? ) tout à coup de ne plus jamais m’adresser la parole, de ne plus me voir. Tout ceci en même temps qu’elles quittaient toutes deux ( les deux sœurs ) leur compagnon respectif de longue date, et ceci soudainement. L’ainée a un petit garçon que je n’ai quasiment jamais vu, l’autre la cadette, heureusement je suis en termes courtois avec mon ex-gendre ( elle l’a largué soudain pour aller vivre avec le meilleur ami du couple ) comme ça je peux faire mon grand-père avec ses deux enfants. En fait ces « dérèglements mentaux « ( la bipolarité à un degré très élevé ), ça a l’air d’être une maladie de famille, car figure toi que leur cousin germain, qui n’est autre que le fils de ma femme, a décidé tout à coup, il y a un trimestre, que sa mère ne verrait plus sa petite fille, à laquelle nous étions également attachés. Le fils de ma femme est le cousin germain de mes filles car autrefois, ma femme était mariée avec le frère de mon épouse d’alors, le frère de la mère de mes filles, mon ex beau frère si tu préfères. Ma femme et moi étions les « pièces rapportées « d’une famille qui s’est révélée toxique petit à petit et désormais ni elle ni moi n’avons possibilité de voir notre progéniture. Bon c’est long alors je reprendrai demain. J’espère ne pas t’avoir dégoûtée avec ces bad news….
    " Un effacement " (  185  )
     


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  • Jour après jour je me sens devenir " personne ", ou " rien".
    C'est une impression étonnante, celle de muter vers l'homme qui n'a rien vécu, qui ne se souvient que des vingt ans passés avec Ingrid, et qui sent se décoller de son esprit des pans de vie entiers, comme la peau du serpent qui mue.
    Cela ne m'angoisse même pas, car je devine qu'il s'agit d'un acte volontaire, mais il se fait sans effort, sans décision prise, sans volonté.

    Le résultat est que peu à peu je suis quelqu'un qui n'a connu que le jazz et Ingrid ans sa vie passée, et personne ni rien d'autre. J'ai souvenir aussi de mes grands parents du Nord.
    Quand je raconte un souvenir, il appartient toujours à ces trois univers qui m'auront rempli de bonheur.
     " Un effacement " ( 186 )


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