• " Un effacement " ( 134 )

    J’ai longtemps ( trop longtemps ) réfléchi à l’action dont tu m’as parlé, qui consiste à écrire une attestation confirmant que je t’appuie dans ta demande d’avoir la garde complète des deux enfants.
    Là où j’ai vu pour commencer l’avantage certain, dans l’immédiat,  pour toi et les deux petits, je n’ai pas vu tout de suite les conséquences directes et gravissimes que cette action provoquerait dans ma vie.
    En effet, mes deux filles depuis un an ont apparemment décidé, sans raison sérieuse autre que leur pathologie respective, de m’éliminer de leurs relations.
    Cela m’a évidemment grandement attristé et ce chagrin perdure quotidiennement, car elles ne se sont même pas donné la peine de me fournir la moindre explication, vu qu’il n’y en a pas de réelle. Personne n’est allé leur dire que cette injustice et cette méchanceté étaient insupportables et inacceptables.

    Les gens, l’entourage, les soi-disant «  proches «  tolèrent cela comme si cela ne les concernait pas, mes filles m’abandonnent dans l’indifférence générale, personne ne semble sensible à cette catastrophe affective et relationnelle totalement illogique.

    Etant donné que cet abandon constitue une grave erreur de comportement qui portera forcément un jour préjudice, au-delà de ma personne, aux deux filles et à ceux qui y auront assisté sans bouger le petit doigt, par indifférence ou même par agrément ( au sens où les consciences des uns et des autres vont finir par se réveiller et créer notamment du remords ), je suis persuadé qu’à un moment mes filles vont retomber sur terre et essayer de renouer avec moi, j’interdis même qu’on en doute, toute personne humainement correcte doit souhaiter la même chose : que mon travail de père, effectué avec conviction, gentillesse et humanité pendant plusieurs décennies, soit reconnu.
    Or, une attestation contre ma fille cadette, cela correspondrait de ma part à une reconnaissance du bien fondé de son attitude de rejet, voire une déclaration de guerre, donnant cette fois aux deux soeurs un prétexte réel de rupture totale et définitive, dont pour l’instant elles sont dépourvues.
    En ne prenant officiellement aucun parti, je me garantis une possibilité pour les deux filles de revenir à la normale, cela leur donne une chance de reconsidérer leur position et de reprendre la bonne route, qui est de me traiter comme un bon père que j’ai toujours été.
    Refuser de prendre parti contre ma fille cadette dans le conflit qui vous oppose est une preuve de plus que je suis resté un bon père pour elle, peu importe ce qu’elle peut essayer d’en faire croire.
    Il faut aussi t’imaginer avec tes enfants adultes, qui un jour, pour des raisons qui t’échapperaient, se mettraient à te rejeter de leur vie.
    Car cela pourrait t’arriver comme à n’importe quel bon parent, la vie ne nous récompense pas toujours des bonnes choses que nous avons accomplies.
    Vu que cette horreur m’arrive, elle peut t’arriver à toi comme à n’importe quel parent qui pour l’instant prend soin correctement de ses jeunes enfants.
    Et ce jour-là tu serais peut être très embarrassé que l’on te demande de t’opposer officiellement à l’un ou à l’autre dans un conflit l’opposant à son ex .
    Donc j’ai décidé de juste poursuivre mon rôle bénéfique de grand père de vos deux petits, de rester le bon père en attente que mes filles se dégèlent, et pour ce qui est de nous deux moi je suis toujours prêt à être chaleureux, à toi de voir quelle attitude tu décideras d’adopter, je souhaite qu’elle reste bienveillante car je le mérite.

    Je ne crains nullement que tu prives les enfants de notre apport affectif car cela ne saurait se concevoir et  n’existe, ni dans ton esprit, ni dans le mien, encore moins dans ceux des enfants, qui doivent trouver bien étrange de pouvoir téléphoner de chez moi à leur mère sans que celle-ci ne daigne m’adresser le moindre mot.

    Ceci explique pourquoi j’attends que les comportements s’améliorent, sans participer au conflit,  afin que les deux petits ne se trouvent pas plongés dans un malaise qui n’en finit plus.

    " Un effacement "  ( 134  )

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