• " Un effacement " ( 200 )

    Pourquoi je suis abruti depuis sept mois

     
    En septembre j’avais eu envie que la petite fille de ma femme elle voie pour la première fois ses quatre grands-parents ensemble. Je me considère comme un peu son grand père. C’était mon idée, une idée naïve, d’autant plus que je ne suis que grand-père par alliance, et en plus « pièce rapportée « dans cette famille. J’ai cru que le déjeuner d’anniversaire de cette petite fille de deux ans, dont j’ai eu l’idée, se déroulait bien. Quelques signes négatifs me montraient doucement que quelque chose clochait, mais c’était suffisamment discret pour que je ne m’alarme pas. En fait “ l’autre grand père “ me cherchait constamment des poux mais je faisais en sorte que cela ne tourne en querelle. Le soir quand nous sommes repartis, j’ai dit à ma femme :
    -Il va falloir qu’on remette ça un jour, c’est sympa pour la petite qu’elle voie ses quatre grands parents en même temps.
    La semaine suivante, on nous a plongés dans une sorte de cauchemar : soudain le fils de ma femme a essayé de lui dire par messagerie des choses négatives à mon sujet, croyant que je ne le saurais pas, et puis ils ont vu que ma femme n’acceptait pas qu’on lui dise du mal de moi, surtout que c’était des idioties inventées du genre :
    -Claude a m’a insulté pendant le déjeuner d’anniversaire. ( Personne ne m’avait entendu insulter personne, c’était ça le cauchemar : on affirme que tu as fait une dinguerie que tu n’as jamais faite et on décide de te punir pour la peine..)
    Heureusement, ma femme m’a bien confirmé que je n’ai rien fait de semblable, que j’ai eu un comportement gentil et normal à ce déjeuner, comme je l’ai toujours eu, et que donc c’était une sorte de traquenard destiné à me nuire pour m’écarter. Parce que quand on t’accuse de quelque chose, et que tu es innocent, tu as un doute, c’est là le côté pervers de ce procédé.
    J’ai écrit au fils de ma femme après qu’elle m’ait montré ses tentatives de calomnies écrites, pour lui proposer de boire un verre à deux en ville afin d’éteindre le feu qu’ils essayaient d’allumer.
    Je n’ai jamais eu de réponse, par contre aussitôt ils ont puni ma femme en la privant des rencontres, qui étaient hebdomadaires, avec sa petite fille.
    En même temps ils affirmaient qu’il ne la privaient pas de rencontres, mais lorsque ma femme leur disait :
    - Quand ? Où ? Comment verrai-je ma petite fille ?
    Ils ne répondaient plus, ils faisaient des silences de plusieurs jours afin d’éluder, ils ne voulaient jamais répondre précisément à ces questions. A la fois ils empêchent les rencontres, à la fois ils nient qu’ils empêchent. Ils disent :
    -Tu peux la voir si tu veux. Ces comparaisons sont peut-être exagérées, mais je me souviens que pour qu’il y ait pogrom, on inventait qu’un Juif avait agressé une femme dans un village et hop on tombait à bras raccourcis sur la communauté juive. Quand on avait envie de pendre un Noir dans le Sud des USA, une femme blanche en accusait un d’avoir tenté de la violer et hop on l’attrapait et on le pendait. Chez nous on dit : “ Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage “.
    De temps en temps ils envoyaient des mails traitant ma femme de parano, disant qu’elle n’avait pas pris la défense de son fils lorsque « je l’insultais « ( ils y tenaient, j’en étais à me demander si je ne m’étais pas drogué et si je ne l’avais pas fait réellement, en absence de conscience, comme ces gens qui font du mal mais ne s’en souviennent pas… ) et puis son fils a dit :
    -Si tu veux revoir ma fille tu dois d’abord discuter seule à seule avec moi.
    Ma femme a refusé, elle disait que jusque-là il n’y avait jamais eu de conditions pour que sa petite fille puisse la voir et qu’il n’y avait pas de raison que ça change. Encore du silence d’une semaine et hop le dimanche suivant ça remettait ça. Des critiques, des reproches : - De toutes façons tu étais une mauvaise grand-mère. Si tu étais une bonne grand-mère, tu accepterais de discuter seule à seule avec ton fils afin de pouvoir revoir ta petite fille. Puisque tu ne veux pas discuter avec ton fils, c’est qu’au fond tu ne tiens pas à revoir ta petite fille. Moi j’ai écrit plusieurs fois à mon beau fils, à sa femme, jamais je n’ai eu la moindre réponse sauf la dernière fois, deux lignes de mon beau-fils :
    - Je ne veux parler qu’avec maman, j’ai écrit à maman, ce n’est pas à toi de répondre.
    Je suis victime du régime : “ Nuit et brouillard “. On m’accuse, on crée un clash, on essaie de me faire oublier, ensuite : je n’aurai existé que pour servir de prétexte à créer une situation problématique.  
    Ils ont commencé à affirmer que j’empêchais la mère et le fils de communiquer ensemble, que ma femme était sous ma mauvaise influence. L’expression “ bouc émissaire “ m’est venue peu à peu à l’esprit. Mais jamais de contact direct avec moi, comme je le disais : ces pitoyables échanges n’auront eu lieu que par écrit, pas un mot n’aura été prononcé. Cela fait sept mois que ça dure. La semaine dernière, j’ai contacté une avocate qui m’a donné rendez-vous pour le mois prochain. Je n’ai pas trouvé d’autre moyen de faire décoincer une situation qui est en plus niée par ses initiateurs. Je veux que nous revoyions cette petite fille que nous aimons, je veux que cette petite fille qui nous aime nous revoie. D’autant plus qu’ils la privent de nous sans se gêner, elle n’a pas son mot à dire, elle n’a que deux ans. Ils ont écrit : - Nous voulons protéger notre fille. La protéger de quoi ? de qui ? De nous ? Ces phrases floues ils ne cessent d’en écrire : “ Il faut que ça change “, “ vous avez versé la goutte d’eau qui a fait déborder le vase “.... J’ai compris que tout en niant qu’ils utilisent la petite fille en otage pour faire pression sur ma femme et la faire souffrir, la punissant ainsi de ne pas avoir voulu me trahir sur commande, tout en niant ce qu’ils font, ils continuent de le faire.
    -Nous ne t’empêchons pas de voir ta petite fille, tu deviens parano. Il n’y a pas de soucis. Il n’y a rien, tu inventes cette histoire. Tu vis dans un monde de complots que tu imagines.
    Et ma femme leur demande alors de revoir sa petite fille et ils font silence à nouveau plusieurs jours. Moi j’ai eu tristesse quand j’ai vu ma femme triste le jour de la Fête des Grands Mères. J’ai pensé :
    - Cette femme ne mérite pas cela. Moi non plus je ne mérite pas cela.
    J’espère que mon avocate, lorsque je lui raconterai cette merde, trouvera que nous ne méritons pas cela. Qu’elle reconnaitra et fera reconnaître notre statut de victime.
    Ce récit s’appelle « Pourquoi je suis abruti depuis sept mois « . Car ça fait de moi un crétin qui ne comprend plus rien, cette histoire glauque, un type qui erre dans un désert d’incompréhension, voilà j’ai raconté ici cette histoire sordide qui se poursuit au moment où tu lis ces lignes. J’ai souvent utilisé l’écriture pour exprimer ce qui me tourmente, une vieille habitude depuis l’enfance. Je fais deux fois plus de musique car la musique m’a toujours protégé de sombrer. Par contre je me sens épuisé parce que je ne dors presque plus la nuit. Ca me ronge, je dois le reconnaître. Et en plus je ressens de la honte, je ne sais pourquoi, mais oui : je ressens de la honte.
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