Aujourd'hui c'est la Fête des Pères. Les pères en général, même les pires, sont fêtés, on les invite, les petits-enfants sont là, tout le monde est content.
Moi : rien.
Cela m'a rendu triste, car j'ai été un père tellement gentil, " gâteau " comme on disait, avec mes deux filles que j'ai décidé que j'allais m'effacer.
De toutes façons elles m'ont gommé sans me le dire, sans le revendiquer, elles m'ont oublié ou je ne sais quoi, donc autant embrayer sur ce mouvement d'isolement et hop je m'efface. Je le fais avec chagrin, amertume, mais détermination.
S'effacer, cela consiste à embarquer sur un bateau imaginaire, à couper les amarres, à prendre par force une liberté. Mon bateau était à quai, personne n'est venu le visiter, je vais prendre le large. Et l'on aura du mal à me rattraper. 