Il n'empêche que la vie s'écoule et que celle des autres est absolument non-concernée par la mienne, on oublie ma personne et donc ma grande douleur, ce feu qui brûlait un corps, attaché à un poteau, moi c'est la souffrance d'avoir été rejeté comme ça, sans savoir pourquoi, par mes filles qui m'aura rongé, brûlé, consumé, beaucoup plus que tout.
J'ai eu mon compte : ma soeur folle, mes parents violents et méchants, ignares et stupides, un frère mégalo narcissique et bête, une première épouse chaotique, bipolaire, cruelle, et puis la mort brutale de cette gentille Ingrid, pas de chance : c'était la seule personne qui m'aura compris, il y a maintenant ces deux filles que j'ai tant soignées, tant protégées, et qui me boudent et m'ont mis en quarantaine sans m'expliquer, comme ça : dehors ! à la porte ! Zou ! Fous le camp tu pues !