Hier c’était l’anniversaire de la fillette du fils de ma femme.
Elle a bouclé sa première année.
Cela m’a fait un peu de vie, une invitation.
Le fils de ma femme et sa compagne se comportent de façon classique avec nous, ils sont moins compliqués, moins difficiles que mes propres filles.
Je souffrirai toute ma vie de ce que j’ai découvert quand ma fille cadette est venue chez nous avec ses enfants : à savoir que je m’étais illusionné sur l’importance que j’avais gardé pour elle et sa soeur.
J’ai du mal à admettre que j’étais devenu un sujet de moqueries, d’hostilité, quelqu’un qu’on voulait écarter.
Bon j’ai compris, cependant : je m’efface et n’écris plus de mails ni de sms, plus rien, je n’appelle plus au téléphone, car si c’est pour devenir l’idiot du village, le vieux con, c’est trop douloureux.
Aujourd’hui c’était un jour férié je me suis rendu pour lire un peu au Grand Jardin Magique, ma vie d’isolé se poursuit, le second volume d’ « Ingrid Absente « ressemble au premier.
La différence est que je m’efface, que je n’espère plus rien, que je n’attends plus rien, que je me cache comme l’animal blessé, ce qui a été mon cas.
Je ne pense pas que les gens s’imaginent qu’on puisse avoir une sensibilité à ménager. Que l’on observe, que l’on regarde, que l’on analyse et que l’on réfléchit.
Au Grand Jardin Magique, il y avait un homme qui disait à voix haute et puissante le nom de chaque arbre, de chaque plante, de chaque fleur.
Il disait cela comme s’il s’agissait d’une énumération, comme s’il constituait une liste, comme s’il faisait l’inventaire du Grand Jardin Magique.
Savoir tous ces noms de plantes et n’en rien faire qu’une proclamation inutile.
Cherchait-il à se faire-valoir, à briller par la connaissance qu’il a de ces noms ?